L’art pour s’échapper du quotidien

J’ai mis un temps considérable avant de me lancer dans l’écriture de ce blog. Il faut dire que j’étais déjà bien occupée par l’autre, celui que j’alimente pour les familles et les futurs mariés. Ici, je voulais autre chose. Un espace plus intime. Un endroit pour parler de ce besoin viscéral, incessant, toujours plus fort : celui de créer.

Mon conjoint se moque gentiment de moi — à chaque nouvelle découverte artistique, naît en moi un besoin vital de m’y plonger tout entière. J’ai tout essayé : le dessin, la peinture, le modelage, la guitare, le ukulélé, l’éciture… Je ne prends jamais de cours, je ne suis pas de méthode stricte. Je m’y jette, portée par l’élan, simplement pour apaiser mes doigts qui brûlent d’explorer. Créer, pour moi, c’est toucher. C’est ressentir le monde avec les mains. C’est ainsi que je comprends. C’est ainsi que je respire.

Il m’a fallu du temps pour le formuler. Mais me voilà. Enfin.

Que sont les errances ?

Si vous vous êtes baladés sur mon site avant d’arriver ici, vous avez sans doute déjà croisé mes errances. Ces images tissées de centaines d’autres. Ces superpositions de fragments, nées dans des lieux très personnels (mes voyages), ou au contraire, dans des contextes intrusifs, douloureux — comme les errances forcées de jeunes exilés.

Mais aujourd’hui, j’aimerais plutôt parler du mot. De ce qu’il évoque pour moi.

L’errance, ce sont ces moments d’évasion que l’on met parfois longtemps à comprendre. Ce glissement subtil, presque imperceptible, entre la pensée consciente et l’imaginaire. Cette seconde étrange où l’on revient à soi, et que l’on réalise que notre esprit nous a emmené ailleurs — loin, très loin, dans un monde inconnu.

Un monde parfois plus doux que la réalité. Parfois plus dur, aussi. Mais qui, étrangement, nous aide à digérer les maux du monde.

J’adore ce moment. Ce flottement. Cette frontière floue entre rêve et réalité.

Voilà ce que sont, pour moi, les errances. Ces instants suspendus où l’on devient qui l’on veut, où l’on veut. Sans cadre. Sans contrôle. Sans justification.

Les errances ne sont pas des fantasmes. Ni des envies. Ce sont des cris du cerveau. Des poèmes bruts. Des résonances intimes. Une tentative de ré-enchanter le réel, ou peut-être, d’en faire jaillir la vérité.

Ce que j’y cache

Car chaque errance est un moment personnel. Et ce que vous y voyez est souvent très loin de ce qui s’y trouve réellement.

J’y ai caché ma vie, en petits fragments. Des miettes de douceur, des éclats de mes enfants, de mes amours. Et beaucoup de tourments. J’y ai déposé mes peines — du moins, celles que j’ai réussi à cerner. J’y ai aussi glissé mes joies, mes élans, mes respirations.

Ce que j’offre à travers ces images, c’est un aperçu de mes rêves, ouvert à toutes les interprétations. On y voit ce que l’on veut y voir. Ce qui nous touche, ce qui résonne en nous, dans nos souvenirs, dans nos imaginaires.

Et c’est très bien ainsi.

Personne n’y perçoit la même chose — et je crois que c’est ce que j’aime le plus. C’est pour cela que je parle rarement de ce qui se cache derrière une errance. Ce serait lui retirer sa liberté.

Une scène à l’hôpital peut devenir une fleur en train d’éclore. Un bord de mer, une montagne enneigée. Une douleur, un élan de lumière.

Tant mieux.

Une fois exposées, ces errances ne m’appartiennent plus. Elles deviennent les vôtres.

Un petit refuge qui fait tant de bien

Créer, c’est mon refuge.

Un espace hors du temps, où je peux déposer ce qui déborde. Où je peux traduire ce que les mots n’arrivent pas toujours à dire. Un endroit où je me sens libre, entière, vulnérable aussi — mais en sécurité.

Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est quand mes créations deviennent les vôtres.

Quand elles vous offrent, à vous aussi, un petit moment d’évasion. Une pause. Un souffle. Une brèche dans le réel.

C’est un échange silencieux, mais profondément émouvant.

Ces images, je les façonne d’abord pour moi — pour comprendre, digérer, respirer. Mais une fois qu’elles sont là, visibles, prêtes à être regardées, elles changent de rôle. Elles deviennent passerelles. Elles murmurent autre chose, ailleurs. Et peut-être qu’à travers elles, on se retrouve, un peu, vous et moi. C’est aussi pour ça que j’aime exposer.

C’est un moment où je vous découvre enfin. Où vous venez me parler de ce que vous voyez, de ce que vous ressentez. Vos mots, vos interprétations, vos silences parfois, me touchent profondément. C’est un vrai temps d’échange. Un face-à-face doux, souvent inattendu, qui me permet de voir mon travail autrement. Je repars toujours un peu différente, un peu plus riche de vos regards.

Voilà pour ce petit billet qui vous parle un peu de moi et de ce que je fais . J’espère que ce voyage vous parle et que vous reviendrez vous balader par ici.

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